Rio+20: un volontarisme à l'épreuve des crises économiques
La montagne aura accouché d'une souris. Une fois de plus, une réunion internationale censée être "l'ultime conférence" pour "sauver la planète" ne débouchera sur aucune décision importante pour réduire les émissions de Co2.
Rio+20 aura été un remake de la conférence de Copenhague, voire pire, car aucun grands dirigeants occidentaux, exceptée celui de la France, n'ont honoré de leur présence cet événement, pourtant annoncé comme crucial par tous les experts.
Les faits sont là: sur des thèmes aussi attendus que la nouvelle gouvernance et les financements innovants, rien de nouveau ou presque n'est venu. Le projet d'organisation mondiale de l'environnement (OME), a disparu. A la place, les politiques ont opté pour des solutions moins contraignantes ou plus consensuelles: l'actuel PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) sera « renforcé », les objectifs du développement durable (ODD) y sont officialisés. Ces instruments succéderont bien en 2015 aux objectifs du Millénaire (ODM), arrivés en fin de vie et exclusivement orientés vers les pays pauvres.

La crise économique aura eu raison de la crise...écologique
La raison principale évoquée pour justifier cette inertie politique est la crise économique qui touche actuellement les pays occidentaux. Comme toujours en période difficile, les préoccupations écologiques sont reléguées au second plan. Le volontarisme de l'Union Européenne se heurte à la crise de la dette. Les Etats-Unis, quant à eux, sont plus préoccupés par les enjeux économiques nationaux.
Les BRICS, qui avaient l'occasion de s'affirmer, ont évité de prendre l'initiative. « En fait, ils continuent de considérer qu'ils ne sont pas assez avancés pour prendre des engagements », résumait un observateur.
La Chine, comme toujours, a épousé les positions du G77, le groupe des pays pauvres, même si sa situation économique a significativement évolué. Quant au Brésil, obsédé par la crainte d'un échec des négociations, préjudiciable à l'image grand émergent capable de faire plier l'Europe, il est resté campé sur des positions pour le moins prudentes. Soucieuse d'apparaître à son avantage, la puissance invitante, dans sa façon de conduire les discussions, en est venue à éliminer un à un les sujets qui fâchent et l'éloignaient de son objectif : finaliser un texte le 18 juin au plus tard pour le présenter au sommet du G20, qui s'ouvrait le jour même au Mexique.
On aurait pu attendre de cette conférence des votes de dispositions encourageant la transition vers une économie verte et promouvant les énergies renouvelables. Mais on en restera aux déclarations de bonnes intentions.
Plateforme européenne







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